« Glazed Magazine : Tour de rue »


L'artiste du jour : Drums

Il se définit lui-même comme un artiste pluridisciplinaire, et pour cause ! Drums, travaille, entre autres, la photo, manipule les bombes, joue de la batterie, pratique la danse et anime les pinceaux. Du côté bodypaint, son style est affirmé et reconnaissable, à cheval entre l'abstrait et le graffiti. Membre du Mego Klub depuis 2005 et tout récemment du collectif DISTRE3T, présent sur Grenoble depuis 2008, c'est un activiste qui fait bouger les choses. Actuellement, il centre sa pratique sur la peinture et le light painting. Rencontre avec un gars du troisième type.

Artiste du jour : Drums - Bodypaint - Série Rise

Comment en es-tu venu à la pratique du body paint ?

Le body paint m'est venu initialement par le biais d'un projet des beaux art nommé "Paint it black", où j'avais décidé de répondre par un bodypaint de triangles noirs sur le dos d'un modèle. Depuis, les triangles se sont transformés en rectangles, mais les notions d'accumulation et de vagues restent inchangées. Maintenant, mon travail a pour objectif de faire cohabiter, sur une même image, trois disciplines : la photographie, la peinture, et le light painting. Je souhaite que ces trois éléments se distinguent et se complètent dans le résultat final. J'ai nommé cette série "Rise", pour illustrer ces vagues croissantes mélants ces trois éléments, et qui semble, tout emporter sur leurs passages. En quelque sorte, je tente de dépeindre une montée d'énergie, graphique et colorée.

En lisant tes photos, on a l'impression que tu es encore en pleine recherche artistique/scénographique. Vers quoi veux-tu aller ? Qu'est-ce que tu aimerais développer ?

C'est vrai que j'ai pas mal tâtonné avant de trouver mon angle d'attaque : cette courbe croissante en harmonie avec la peinture, le corps et les lumières. Je recherche en fait une osmose entre les mouvements. Je ne pratique volontairement pas de retouche logiciel sur mes photos, voilà pourquoi les sessions peuvent être longues, le temps d'obtenir le bon cliché, celui qui réunit tout ce que l'on a voulu faire, sans avoir une "coquille" : une zone trop floue, ou un trait de lumière qui casserai l'ensemble.

Quelles démarches artistiques te plaisent dans cette activité, hormis la beauté du corps des modèles ?

D'abord l'improvisation, c'est la base. Peindre un corps implique beaucoup plus de potentiel et de contraintes (bonnes ou mauvaises). C'est cet exercice d'adaptation qui est plaisant. Voilà pourquoi je n'ai pas d'esquisse de préparée, surtout que les sessions se font souvent chez les modèles, ce qui implique une difficulté pour prévoir quoi que ce soit, et, c'est bien dans ce contexte free que je m'y retrouve, à créer au gré de l'ambiance, de l'inspiration, un peu à la manière d'une performance. Mais je suis exigeant envers le résultat, je cherche à corriger les gestes, petit à petit, en vue d'obtenir un cliché qui se détache des autres, pour rejoindre ses frangins dans la série "Rise". Une photo par session, si possible.

Body, activité artistique macho ?

Possible, mais je ne pense pas l'avoir été, enfin j'espère. En tout cas, j'imagine que c'est certainement un peu considéré comme tel.

Comment trouves-tu ou choisis-tu tes modèles ?

Soit par des connaissances directes, soit par un peu de bouche à oreille. Les sessions étant longues, il est souvent difficile de caler une date.

Artiste du jour : Drums - Bodypaint - Série Rise

Comment se déroule une séance de body ?

Jamais sur les chapeaux de roue. On regarde les différents tissus ou objets dont on pourrait se servir. Je fais le point sur les couleurs que je vais utiliser, en peinture et en filtre pour les lampes. La première vraie étape est de définir la pose du/des modèles et le cadrage, afin de repérer précisément les zones du corps à peindre. Ensuite, c'est au tour des pinceaux et/ou poscas. J'adapte au corps les mouvements de rectangles. En toute fin, je rajoute une touche de lumière avec le light painting.

Il faut bien avoir 4 à 6 heures devant soi pour faire tout cela, sans bâcler.

Pour le light painting, il s'agit plus d'un ensemble de petits réflexes et de manière de travailler : pour repartir avec la bonne photo, il faut corriger les petits défauts, tentative aprés tentative. Par exemple : corriger les réglages de l'appareil, filtrer plus ou moins les lampes, se concentrer sur le regard du modèle, ne rien faire tomber (rires), gérer les couleurs, et recommencer si besoin est.

Combien y'a t-il d'école du body, entre les bodypainter venu du graffiti et ceux du graphisme ?

Vaste question ... depuis le tattoo, en passant par les trompe-l'oeil, jusqu'au graffiti, au graphisme et aux vandals, j'en vois au moins cinq...

Dans quelle catégorie te situes-tu ? S'il y en a une...

Je dirais à cheval entre l'abstrait et le graffiti, j'essaye surtout de garder mon style.

Des partenariats en vu ?

Oui, toujours quelques-uns, notamment avec le collectif Distreet, mais aussi l'association SIFFLART ou encore l'association PATCHWORK pour des expositions et des sessions peinture en live.

Des projets vidéos ?

Oui ... À suivre

Comment vois-tu l'apparition de gros sites (comme shriiimp) dédié au body ?

Je pense que cela va dans la logique des choses, c'est bien d'offrir une visibilité supplémentaire, mais je t'avoue que je n'y vais jamais, pour l'instant.

Artiste du jour : Drums - Bodypaint - Série Rise

Comment vois-tu l'avenir du body dans un futur proche ?

Je pense que l'on va se tourner vers le volume et le mouvement, le flou, le fluo, le décor est très important aussi, poser son blaze comme sur une feuille A4 ne suffit plus.

Déjà des dérives commerciales, récupération marketing ?

Pas à ma connaissance, il me semble, peut-être bientôt...

Big Up MK, les modèles, Axel et Glazed Magazine !

Réagissez !

CSS

Blanc
Noir

Sans cadre
Avec cadre

Full Exit
Who
Top