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[Open Walls] - Le frontball sous l'oeil des réalisateurs Michel et Nicolas Arribehaute

Michel et Nicolas Arribehaute, deux frangins désormais collègues, se sont prêtés au jeu de l'interview avec nous, suite à la sortie des deux retentissants teasers : Open Walls #1 et #2 sur le frontball. Nous avons voulu en savoir plus sur ce documentaire consacré au Frontball qui risque de faire des vagues dans le petit monde sportif mondial. Entretien.

Quel est votre parcours respectif ?

La réalisation pour nous c'est une forme d'aboutissement créatif, nous avons, dans nos formations et "vies antérieures" peu de rapport avec le journalisme ou le tournage de documentaire, pourtant nous avons toujours été proches et passionnés d'image ou d'autres métiers créatif. Nous nous sommes spécialisés artistiquement à l'école d'Art de Bayonne pour nous donner des bases saines. Mais nous restons de vrais autodidactes ; internet et son immense communauté de formateurs/créatifs permettent, à ceux qui ne sont pas effrayés par les nuits blanches, de réellement se professionnaliser.

Comment vous est venu l'envie de réaliser ce documentaire ?

Nous réalisions à l'époque (début de l'année) une série pour Orange sport dans le milieu du rugby. Un ami était alors déjà impliqué dans l'aventure Frontball et m'expliquait la place que prenait cette discipline dans un univers sclérosé... Avec ces précisions, j'imaginais une histoire évidente à raconter, nous permettant à la fois de changer de sujet sportif et de largement diversifier nos lieux de prise de vues. C'était vraiment, là, l'occasion de lier le tout. J'en ai parlé à mon frère qui a comme moi aussitôt adhéré au projet… Nous avons donc rencontré Jean Michel Idiart, le créateur du Frontball qui recherchait justement une manière d'augmenter la visibilité de la pratique. L'idée du documentaire lui a aussitôt plu… Mais c'est aussi humainement qu'on a accroché.

Vous aviez déjà des contacts dans le milieu du frontball ?

Oui, un ami, Laurent Harguindeguy, qui s'occupe de la partie sportive du Frontball, c'est lui qui a mis tout le monde en contact.

Des partenaires financiers pour vous aider dans ce projet ?

De notre coté non, trouver un producteur ou diffuseur pour un sport anonyme sans image ou tête connue est impossible. Voilà pourquoi nous avons réalisé deux teasers le plus tôt possible, à la fois pour que l'asso Frontball puisse communiquer, et que nous puissions de notre côté démarcher pour des financements de production. Cependant Tous les déplacements, voyages, hébergements sont pris en charge par l'association Frontball via leurs partenaires : Philippe Neys d'ETPM et Pascal Debonière de NISSAN Anglet. Enfin, Panasonic France, par l'intermédiaire de Romain Cholet, nous équipe de matériel de tournage DSLR GH2 et objectifs. Cette association pour nous est très importante, j'espère qu'on la développera car ce matériel là peut faire des miracles artistiquement. Il y a 10 ans nous n'aurions probablement pas pu travailler de la même manière.

Comment vous êtes vous retrouvez dans un camp de réfugiés en Palestine ?

Le Frontball est un sport de compétition, qui vit pour le moment de mécénat, et pour favoriser la recherche de mécènes et partenaires, véhiculer la meilleure image possible est essentiel. En ce sens, et pour générer une masse de pratiquants importante, il est nécessaire de se déplacer dans les lieux où les enfants n'ont pas facilement accès au sport, hors football. Un camp de réfugiés palestiniens permet de vérifier la faisabilité du projet social dans un cadre le plus complexe possible, politiquement et structurellement. D'autres pôles de ce genre sont développés, dans le quartier Tepito de Mexico et au quartier Nou baris de Barcelone… À chaque fois, c'est un succés. Nous allons justement les visiter et les intégrer au documentaire, en septembre pour Barcelone et novembre pour Mexico.

Et la situation là-bas, en Palestine ?

Difficile de juger une problématique millénaire en quelques jours de visite… L'ambiance est néanmoins bien moins pesante que nous l'attendions. Je pense même que nous nous sommes fait des amis sur place, je pense à Wissam, Ismaël, Taeser… qui sont les éducateurs qui perpétuent la formation frontball sur place. Je ne veux pas dire que la vie y est facile, je dis juste que le sport quel qu'il soit permet un partage simple et sincère, et donne un peu d'espoir... Le message sera celui-ci.

Pas trop difficile de circuler sur place ?

Pour nous français non, aucun problème. Plus simple de passer des checkpoints en Palestine que de rentrer en boite à Tel Aviv (rires).

Cela doit être assez magique de détourner le mur de séparation en terrain de jeu. Comment le vivent-ils ? Les palestiniens …

Nous logions à Bethleem, à 100 métres du mur. Nous sommes partis un matin, à l'aube, avec des joueurs (Peio Tellier, Yoan Heguiabehere et Laurent Harguindeguy) taper quelques balles. Cela aurait été un regret de ne pas le faire même si, au cas où, nous ne sommes pas restés plus de 5 minutes. C'était une scène prévue dans nos têtes bien avant le départ… Nous n'évoqueront pas la problèmatique du mur, ce n'est pas notre rôle, même si le symbole est en adéquation avec le sport et le titre du documentaire. Impossible de considérer autrement qu'absurde sa présence à notre époque… Je conseille un super documentaire réalisé par JR (Face 2 Face) qui en traite plus que nous le ferons.

Vous abordiez les pratiquants au feeling ?

Comme nous le faisons toujours, on repère assez vite qui seront les plus à l'aise et naturels.

Comment les gens ont-ils réagi face à la caméra aussi bien à Brooklyn qu'ailleurs ?

À Brooklyn, ils sont habitués, ils se filment régulièrement, partagent les vidéos sur internet. Personne n'a de problème avec la caméra, il y en a qui sont plus attirés que d'autres. Un des avantage de filmer avec des appareils photo, comme nous le faisons, reste la discrétion. C'est un outil moins intrusif, ça nous facilite beaucoup le travail.

Quels ont été les meilleurs souvenirs de cette aventure humaine ?

De loin les rencontres, pour nous, le monde se réduit à mesure que l'on voyage… En ce sens facebook, par exemple, est un outil formidable. Il nous permet de prolonger l'expérience avec des palestiniens, des américains… et nous en sommes seulement au tout début… 

Pourriez vous présenter à nos lecteurs ce sport ?

Tout est un peu dans les 2 teasers, c'est un sport simple… un sport de balle à main nue. Chez nous, au pays basque, cette pratique fait partie de la culture sportive… Mais dans le monde entier, tous les peuples jouent un jour ou l'autre avec une balle contre un mur. Chaque pays a donc développé sa pratique selon la culture locale… très traditionnel chez nous… beaucoup plus urbain et underground aux États-Unis… Le frontball rassemble tout ce monde, en apportant une version plus rapide, spectaculaire, addictive… Techniquement cela se joue en Un contre un en 2 manches gagnantes de 10 points, si il y a égalité, une dernière manche de 5 points détermine le vainqueur. Les parties sont rapides et vraiment physiques. C'est aussi très tactique et comme au tennis, les filles ont un jeu plus fin, plus "vicieux"… différent des garçons qui peuvent être de vraie brutes…

Qui actuellement fait la promotion du frontball ?

Nous tous ! Cela se développe, Jean Michel a débuté seul, son équipe grandit petit à petit en même temps que l'intérêt global… Nous étions venu pour réaliser un documentaire de notre côté… Nous considéront que nous faisons partie de l'équipe désormais avec beaucoup de projets et d'idées pour l'avenir...

Des marques sponsorisent-elles déjà certains joueurs ou évènements ?

Le sport grandit grâce à 2 mécènes : Philippe Neys et Pascal De Bonnières… Mais bien évidemment d'autres sont emmenés à les rejoindre. Le nombre des partenaires s'étend pour la finale du Pro Tour du 3 novembre prochain (cette année qui verra s'opposer les vainqueurs des tournois de chaque pays NYC, MEXICO FRANCE, ESPAGNE, ITALIE, ARGENTINE)

Pratiquant ?

Je m'y met… Cela me permet surtout de juger la technicité des meilleurs...

Qu'est-ce que vous trouvez de beau dans ce sport ?

Son potentiel…

En trois mot, pourriez-vous caractériser ce sport ?

Simplicité, ouverture, ambition.

Déjà des lieux pour projeter le documentaire ? Ou des télévisions intéressées ?

Non. C'est prématuré. Le tournage n'en est qu'à sa moitié et se termine fin novembre. Nous avons réalisé les 2 teasers pour créer une émulation autour du documentaire et c'est une réussite puisque de grands médias on reprit et partagé les vidéos. Nous commençons à peine à prospecter, mais sincèrement, je ne me fais pas de souci sur sa diffusion.

D'autres projets en vues ?

Déjà, nous allons perdurer l'aspect communication du Frontball aprés le documentaire. Nous avons beaucoup d'idées à développer. Nous avons également et régulièrements d'autres projets commerciaux, et un gros projet de documentaire pour l'année prochaine dans un univers complètement différent du sport.

Le mot de la fin ?

Il faut juste imaginer que ce sport n'existait pas il y a quatre ans. Certains diront que oui, sous d'autres formes. Mais cette pratique là, permet d'unifier les disciplines et donc d'unifier les gens. Le message va bien au-delà du sport en lui-même. Nous sommes heureux d'être au début de l'aventure… Je suis convaincu qu'elle sera longue.

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