« Glazed Magazine : Tour de rue »


Portrait Xtreme Team - Les belges aussi ont leurs avis sur le Parkour et le Freerun

L'équipe Xtreme Team, composée des deux comparses : Francisco De la Riva et Mathieu Vasquez, existe depuis plus de 4 ans. Son histoire a commencé au Mexique et continue maintenant en Belgique, à Bruxelles. Étudiants en éducation physique, ils ont tous les deux un parcours proche en matière de sport. Grâce à la pratique du Parkour et du Freerun, ils ont pu réaliser différents projets et notamment des productions audiovisuelles, des publicités, des stages, des ateliers et des shows. Rencontre.

Beaucoup de pratiquants en Belgique ?

Beaucoup de pratiquants amateurs oui, mais nous comptons plus ou moins une centaine de pratiquants confirmés.

Comment avez-vous découvert la discipline ?

Comme beaucoup d'autres jeunes, nous avons découvert le Parkour/Freerun après avoir vu le film « Yamakasi ». Grâce à ce film, on s'est rendu compte que nous faisions du Parkour sans le savoir. Surtout, nous avons découvert que c'était un sport à part entière avec une vraie signification et une philosophie derrière. Tout le monde, un jour, a déjà grimpé à un arbre mais sans vraiment savoir à quoi tout cela pouvait servir.

Quel a été l'évènement déclencheur qui vous a poussé à chausser vos baskets et bouger ?

Le défi !! Le défi de se dire : « moi aussi je peux arriver à faire ça, moi aussi j'ai envie de bouger et me déplacer comme ça dans les rues ». C'est une manière totalement différente de concevoir les éléments naturels.

Plutôt Parkour ou Freerun ?

Plutôt les deux (rires). Parfois, une réponse claire à cette question nous a amenés à nous faire des ennemis ou à rencontrer des jalousies, donc, pour ne pas échauffer les esprits, et par simple franchise, nous dirons que nous pratiquons ‘'l'art du déplacement'' qui comprend le Parkour et le Free running.

À l'origine, le Parkour était la manière de bouger la plus pratique et le freerun la plus libre. En ce qui nous concerne, on aime bien être pratiques mais nous aimons aussi ajouter l'aspect esthétique. Il faut dire aussi que ce n'est pas parce que nous faisons des acrobaties que nous oublions toute la philosophie qui accompagne le Parkour !

Cela fait combien de temps que vous vous entraînez régulièrement ?

Nous nous entraînons depuis pas mal de temps, environs 5 ans sans compter les moments de pause à cause des examens… (rires)

Vos lieux d'entrainements favoris ?

Ici, à Bruxelles, il y a le « Mont des arts », un espace vert (un petit parc) près de la gare centrale et dernièrement, nous avons eu un coup de cœur pour le toit d'un parking à Yser. Mais on tient à bouger partout dans la ville.

Vous êtes plutôt de la vieille école, entraînement principalement en extérieur, ou vous bossez et perfectionnez vos mouvements en salle ?

Une chose est sûre, nous ne sommes pas de la vieille école, car notre art évolue avec son temps et l'aspect esthétique (acrobaties) est aussi constamment remis au goût du jour. De plus, étant étudiants dans une haute école en éducation physique, la salle de gymnastique est un moyen vraiment idéal pour « inventer » des mouvements. Bien sûr, le Parkour n'est digne de ce nom que lorsqu'il est pratiqué dans les rues et non en salle. Cependant, il demande des entraînements intensifs dans des lieux sécurisés.

Vous bossez quel(s) mouvement(s) en ce moment ?

À vrai dire, tout ce qui peut nous amuser sur des mousses et des trampolines. Mais si nous devons vraiment donner des mouvements, pour le Freerun ce serait : le mortal vrille, le papillon vrille, et tous les saltos avec les murs. Pour le Parkour : le saut de précision, le chat press, la fluidité etc…

Qui aimeriez-vous rencontrer si vous en aviez l'occasion ?

Tous les grands nom de ces disciplines, en particulier David Belle, Daniel Illabaca ou Ryan Doyle.

Un endroit où vous aimeriez vous rendre ?

Les banlieues parisiennes car elles font beaucoup parler d'elles en matière de mouvements.

Comment voyez-vous l'apparition des compétitions en Freerun, plutôt une bonne chose, ou mauvaise pour l'image de la pratique ?

Ni bonne ni mauvaise si on arrive à maitriser son esprit de compétition. Une compétition ou un tournoi peut permettre aux pratiquants d'avoir de nouvelles expériences, de voyager, de rencontrer d'autres traceurs (pratiquants du Parkour) etc. mais, à la base, il n'existe pas de compétition, c'est cela qui a attiré autant de pratiquants : la compétition avec soi-même. Par contre, ça nous sert de présentation au niveau international, c'est une lame à double tranchants.

L'image peut être floue quand on dit que, d'un côté il n'existe pas de compétition du Parkour mais qu'il en existe bien en Freerun. Il faut savoir aussi que derrière les premiers tournois de Freerun existent des gens qui n'ont pas compris la philosophie du Parkour même en ayant plusieurs années de pratique.

Les compétitions nous poussent à faire des choses au-delà de notre possible ; en conséquence, on prend des risques et souvent, on se blesse. Il y a un proverbe qui dit : « Il ne faut pas chercher la gloire d'être le meilleur sinon la maîtrise de soi dans tous les aspects ».

La médiatisation du Parkour & Freerun et le penchant qu'ont les médias et le grand public pour les images impressionnantes ne risque t-elle pas de faire évoluer cette pratique vers une course aux "sauts" de plus en plus dangereux avec les conséquences que l'on connaît ?

Question très pertinente.

Malheureusement comme dans tous les sports, il y a ceux qui pratiquent pour la gloire, pour impressionner, et ceux qui pratiquent le sport avec passion.

La preuve est là avec une compétition lancée pour mettre une vidéo sur Youtube en faisant le plus de mouvements possibles en 1.30mins. Il y a eu des gens qui ont bien répondu à ça mais d'autres qui ont pris ça comme une blague.

Il est clair que certaines personnes peuvent éprouver des difficultés à rester humble dans un sport extrême qui impressionne. Il faut pourtant garder la tête froide et ne pas le pratiquer pour impressionner les autres.

D'autre part, l'évolution ne s'arrêtera jamais mais devra obligatoirement garder cette même philosophie pour ne pas partir à la dérive comme plein d'autres sports hyper-médiatisés.

À nous de faire preuve de maturité et de transmettre cette manière de penser aux autres.

Vous allez donner des cours de Parkour à la rentrée (2011), dans quel cadre allez-vous faire évoluer les pratiquants ?

Nous avons en effet des projets pour présenter des ateliers de Parkour à Bruxelles et travailler avec les jeunes. On sait bien qu'il existe beaucoup de pratiquants amateurs et on aimerait les encadrer pour avoir une meilleure pratique. Cela pourrait aider la communauté du Parkour en sachant qu'il existe des traceurs responsables et non pas des pratiquants amateurs avec des concepts erronées du Parkour.

Cela vous arrive t-il d'aller à la rencontre d'autres pratiquants dans le cadre de week-end ou de journée organisées ?

Oui. Nous avons assisté à beaucoup de « Parkour Day » à Louvain-la-Neuve ou ici à Bruxelles. Entre autres, le dernier en date s'est déroulé avec le soutient de la Croix Rouge pour récolter des fonds pour les rescapés de Fukushima.

Pour vous, le Parkour & le Freerun sont plus des sports ou des arts de vivre avec une vraie philosophie derrière ?

Dans la vie réelle, le Parkour et le Freerun doivent être en étroite liaison avec une philosophie qui nous apprend une vraie connaissance de nous-mêmes et de nos capacités à surmonter un obstacle. Si le raisonnement est correctement acheminé du cerveau aux membres du corps, cela avance comme sur des roulettes. Une philosophie est nécessaire dans la pratique car elle nous aide à nous poser des questions profondes à propos de notre pratique, c'est le meilleur moyen de se remettre en question et savoir si ce qu'on fait est vraiment ce qu'on veut.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Personne ne connaît l'avenir mais, idéalement, dans 10 ans, nous espérons avoir réussi à créer nos ateliers de Parkour et nous auront sans doute réussi à faire connaître ce sport et cet art de vivre au monde entier et nous continuerons à le répandre de génération en génération.

Un message à faire passer ?

Pour tous ceux qui désirent participer à des cours de Parkour et de Free running, nous vous invitons à nous ajouter sur Facebook et de nous poser toutes vos questions sur notre mail. Nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

Et pour conclure, sortez, bougez, entrainez-vous sans JAMAIS chercher à impressionner.

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